Rédigé par François Xavier Cardi le Mardi 11 Septembre 2007 à 17:52
Microsoft attaque Google sur Google Apps
Les médias traditionnels ont relayés l’information, sur le partenariat entre Cap Gemini et Google, concernant le déploiement de Google Apps pour les entreprises clientes de Cap Gemini.

Information intéressante puisque cela démontre la volonté de Google d’aller sur un marché d’entreprise après avoir démontré avec Google Docs de quoi il était capable.

Seul souci, ce secteur est la chasse gardée de Microsoft depuis des décennies et c’est évidemment avec un mauvais œil que le géant de Richmond voit son homologue de Mountain View essayer de lui grignoter une partie de son phénoménal gâteau.

Il n’a pas fallut longtemps donc à Microsoft pour répondre à l’annonce du partenariat avec Cap Gemini, en mettant en exergue les points faibles de Google dans le monde de l’entreprise et les problèmes inhérents à l’utilisation de Google Apps.

Réaction épidermique, ou analyse objective de leur concurrent je vous laisse juge avec les 10 points sur lesquels Microsoft critique Google.

1) Google proclame avoir pour clients des entreprises, mais combien y a-t-il véritablement d'« UTILISATEURS » de leurs applications dans l'entreprise ?

2) L'historique des produits Google se traduit par la mise en ligne de logiciels inaboutis qu'on appelle des versions bêta, avec une planification des mises à jour que Google est seul à connaître, chose contraire à ce que les entreprises veulent et attendent de leurs partenaires technologiques, donc que fait Google pour indiquer à ses clients que leurs nécessités sont bien prises en compte ?

3) Google racole les clients avec le faible coût de ses applis, non pas seulement sur le prix, mais également sur le fait que Google Apps n'a besoin ni de ressources matérielles, ni de stockage ni de maintenance. Pourtant, si Google Apps est véritablement complémentaire à la suite Office de Microsoft, alors les coûts augmentent de fait pour l'entreprise puisqu'elle se retrouve désormais à devoir gérer et maintenir deux systèmes IT. Cela ne débouche-t-il pas sur une complexité accrue et des coûts plus importants ?

4) Le métier principal de Google, c'est la recherche monétisée par la publicité. Leur cible sur les entreprises et, à présent, les applicatifs logiciels, est une cible marginale, conjuguée à d'autres cibles marginales qui ne représentent pas plus d'1% du C.A. de Google. Que se passera-t-il si l'implémentation de ces produits s'avère insatisfaisante ? Réduiront-ils le service à la portion congrue et arrêteront-ils les frais dans les plus brefs délais ? Ou les clients doivent-ils juste espérer que cela ne se produira pas ?

5) Google Apps fonctionne seulement si l'entreprise n'a pas de gros utilisateurs, si les employés sont "always on", et que les entreprises n'ont pas développé d'applications Office personnalisées Or ce panorama de la situation ne correspond-il pas à un très faible pourcentage de la population globale des travailleurs de l'information aujourd'hui ? Donc si l'on compare les fonctionnalités, il n'est pas étonnant que Microsoft dispose d'une avance considérable.

6) Les applis Google n'ont pas certaines fonctionnalités essentielles d'aide à la création de documents, telles que la prise en charge des en-têtes et des pieds de page, des tables des matières, des notes, etc. De plus, alors que les clients peuvent collaborer sur la documentation de base sans les fonctionnalités ci-dessus, pour collaborer sur une documentation plus pointue, l'entreprise doit appliquer un processus en deux temps : travailler ensemble sur la documentation de base, sauvegarder les fichiers sous Word ou Excel et envoyer le tout par courriel pour l'édition finale. Certes, ils ont un ticket annuel tarifé à 50$, mais compte tenu des inefficacités inévitablement créées dès le premier cycle de production, en fin de compte combien coûtera vraiment l'utilisation de Google Apps ? Et, en termes de fidélité, les entreprises peuvent-elles se permettre les pertes en découlant ?

7) Les entreprises ne doivent jamais perdre de vue les exigences réglementaires et législatives. Donc s'il est vrai que Google peut stocker en très grande quantité les données des entreprises sur ses serveurs, celles-ci n'ont aucun moyen facile et automatisé de supprimer régulièrement ces données, de traiter les aspects légaux propres à des documents spécifiques ou d'en faire remonter des copies. Que se passera-t-il donc le jour où elles seront amenées à répondre à des exigences réglementaires ? Google proclame un taux de fonctionnement régulier de 99,9% pour ses applications, mais peu de gens réalisent que cette promesse ne concerne que Gmail. Tout comme est alarmante la définition du "downtine" pour Google, avec un « temps d'arrêt » de dix minutes consécutives. Que se passera-t-il si des interruptions de service de 7 minutes par heure se produisent tout au long de la journée ? Combien coûtera aux entreprises chaque journée de travail avec ces 7 minutes d'arrêt par heure ?

8) Il est impératif pour le monde des affaires, connecté en permanence, qu'il puisse toujours compter sur un support technique 24/7. Si une entreprise déploie Google Apps et rencontre un problème technique à 8pm PST, désolé, mais rien à faire ! Est-ce que les heures d'ouverture de l'assistance technique de Google (1AM-6PM PST) sont les nouveaux horaires des acteurs économiques mondialisés ? Et si l'administrateur « désigné » par le client (condition exigée par Google) n'est pas disponible, est-ce que tout s'arrête purement et simplement ?

9) Google indique que les entreprises n'utilisent aujourd'hui que 10% des fonctionnalités des applications bureautiques, ce qui implique que CHAQUE utilisateur n'a besoin que de ces 10% de fonctionnalités, alors qu'en fait il est clair que dans chaque entreprise différentes fonctions doivent pouvoir avoir accès à des informations données, auquel cas de quelle manière la trop vague stratégie de Google peut-elle satisfaire les exigences spécifiques de ces utilisateurs ?

10) Les produits Google Apps étant perpétuellement en version bêta, et Google contrôlant quand et si de nouvelles versions ou fonctionnalités doivent être implémentées, les clients n'ont qu'un contrôle infime - s'ils en ont - sur la planification relative à l'implémentation desdites versions ou fonctionnalités. Donc : 1) au plan stratégique, comment pourrais-je planifier et former mon personnel et, 2) au plan pratique, comment pourrais-je obtenir les fonctionnalités spécifiques dont j'ai besoin ? Et combien d'argent tout cela me coûtera-t-il ?

Pour ma part je pense qu’il n’y a pas que du vent dans ces remarques dont certaines méritent des eclaircissements de la part de Google, mais il me semble aussi que Microsoft pourrait méditer sur ce verset biblique : "ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère" avant de répondre à brûle-pourpoint.

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